Le diagnostic lisible par tous

L’heuristique est la suivante : lorsqu’on rédige le diagnostic d’une organisation il doit non seulement permettre d’expliquer le problème mais être lisible par tous les acteurs.

J’ai beaucoup tâtonné avant d’en arriver à cette heuristique. Dans mon premier métier de consultant nous réalisions de magnifiques diagnostics que les dirigeants peinaient à comprendre. Puis pour aider mes clients à naviguer dans leurs transformations j’ai produit beaucoup de schématisation de ce qui se passait dans l’organisation ou dans l’équipe de direction.

Parfois une modélisation rustique sans cadre de référence précis débouchait sur de grandes décisions comme celle-ci :


Parfois certaine description très fouillée d’une équipe, basé sur des modèles solides ne débouchaient sur rien de concret comme celle-ci :

Antifragilité : le fait de chercher à ce que chacun puisse entendre le diagnostic force à prendre en compte les « bonnes raisons », renforçant ainsi la capacité d’acceptation et donc de mise en œuvre du diagnostic. Cela augmente son pouvoir résolutoire. Un diagnostic sert à résoudre un problème, pas à se rassurer.[/citation-left]

Sans que je fasse le moindre lien à l’époque, parallèlement certaines restitutions se passaient à merveille, d’autres fois, lorsque l’analyse fuitait j’avais un mal fou à rétablir la confiance et tout l’intérêt de l’analyse était par terre. J’ai donc petit à petit commencé à rédiger des analyses qui soient lisibles par tous en utilisant cette contrainte comme un filtre : il faut que ce soit vrai mais aussi que ce soit acceptable, ou du moins défendable, devant les intéressés. Ce filtre permet de s’assurer qu’on a réellement trouver les « bonnes raisons » pas uniquement qu’on a eu l’intention de le faire.

Assez naturellement les mémos ont été lus à tous, puis je les ai utilisés comme éléments de préparation : certes lorsque l’un ou l’autre discute un point c’est en partie l’expression de ses résistances, mais c’est aussi l’expression de la limite qu’il est prêt à accepter et donc de l’ambition de la conversation.

Pour le dire en peu de mot, ce filtre est très pratique : il évite les problèmes inutiles et force à trouver une analyse intégrative. Je n’en changerai pour rien au monde !